Les comptes économiques rapides de la Polynésie française en 2017

La consommation des ménages porte la croissance du PIB en 2017

En 2017, la reprise de l'activité, observée depuis 2014, s’accélère : le Produit Intérieur Brut (PIB) progresse de 2,3 % en volume après 1,5 % en 2016. La consommation des ménages est le principal moteur de la croissance qui est également soutenue par les exportations de biens et de services (+ 3,5 % en volume). Le revenu du travail augmente en lien avec l’amélioration du marché de l’emploi, tout comme le revenu disponible brut des ménages. Ces hausses profitent aux ménages et à leur consommation car les prix sont restés relativement stables (+ 0,6 %).

Les comptes rapides issus d'une modélisation de l'économie polynésienne.

Le modèle utilisé pour construire les comptes rapides est un modèle macro-économétrique, de type keynésien, modèle dit « quasi-comptable ». Il permet de projeter les comptes économiques d’une année à partir d’hypothèses d’évolutions de l’offre et de la demande de biens et services. En Polynésie française, ce modèle est construit avec 19 branches et 20 produits. Le modèle est basé sur le TES 2011 (Tableau des EntréesSorties) de la Comptabilité Nationale définitive. En effet, ces relations comptables permettent d’assurer la cohérence du modèle en décrivant les équilibres nécessaires entre les ressources et les emplois pour chaque opération.
En conséquence, le modèle reproduit de façon mécanique la structure comptable déterminée par le passé, c'est à dire celle fournie par les comptes économiques définitifs.

Les comptes économiques en 2014

2014 : La demande externe soutient l’activité

La bonne tenue des exportations permet à l’économie polynésienne d’enregistrer sa deuxième année consécutive de croissance réelle en 2014. Cependant l’ampleur du rebond économique demeure contrainte par la contraction de la consommation publique et par la faiblesse de l’investissement.

Les grands indicateurs des comptes économiques

Indicateur2012201320142015 (e)2016 (e)2017 (e)
Produit intérieur brut nominal (en millions de FCP)528 755541 961552 599566 199579 075593 582
Produit intérieur réel (en millions de FCP - Base 2005)504 261506 272509 277515 973523 629535 846
PIB nominal par habitant (en millions de FCP)1,972,012,04   
PIB réel par habitant (en millions de FCP - Base 2005)1,881,881,88   
Taux de croissance nominale-0,6 %2,5 %2,0 %2,5 %2,3 %2,5 %
Taux de croissance réelle-0,9 %0,4 %0,6 %1,3 %1,5 %2,3 %

Sources : Comptes économiques - ISPF


e: estimé en comptes rapides

Le  PIB et taux de croissance graphique affichage de série Produit intérieur brut nominal (en millions de FCP), série Produit intérieur réel (en millions de FCP - Base 2005), série Taux de croissance nominale, série Taux de croissance réelle.

La comptabilité nationale

Technique de synthèse statistique, la Comptabilité Nationale (CN) fournit une représentation quantifiée de l’économie dans un cadre comptable. A juste titre, on souligne souvent les avantages dus à la cohérence du cadre comptable et des chiffres présentés ; c’est indubitablement celle-ci qui fait de la CN un outil de tout premier ordre pour l’analyse économique. La nécessité de la cohérence est aussi un moyen d’améliorer les sources statistiques, parce qu’elle en fait apparaître les lacunes et les contradictions.

Outil d’évaluation au service des décideurs, tant politiques qu’économiques, la CN ne sera utile que si elle est documentée et accompagnée méthodologiquement afin d’en expliquer la construction.

Certes, les comptables nationaux se sont efforcés de transcrire avec fidélité une réalité économique éminemment complexe dans un cadre comptable qui constitue la synthèse de grandeurs réelles observées et qui apparaît comme une représentation objective de l’économie.  Mais elle n’est qu’une représentation. Elle est inscrite dans un cadre formel (qui permet la comparabilité) et s’inspire de modèles théoriques. Enfin, il faut garder à l’esprit, que l’économie telle que présentée dans les comptes nationaux n’est pas la réalité mais bien une construction simplifiée permettant d’en rendre compte. Elle ne peut donc être que subjective : c’est une question de perspective.

Mais, que le lecteur se rassure, le système de comptes polynésien rend les comparaisons internationales et historiques possibles car seule la perspective change : l’objet est toujours le même et si, dans un système de compte, il y croissance économique il y a d’autres méthodes qui conduiront à la même conclusion.