Les comptes économiques rapides de la Polynésie française en 2015

La demande intérieure privée, moteur de la croissance

En 2015 la reprise de l'activité, observée depuis 2014, se confirme : le PIB progresse de 1,1 % en volume. L’investissement est le principal moteur de la croissance (+ 5,1 % en volume) qui est également soutenue par la bonne tenue de la consommation des ménages (+ 1 % en volume). Le revenu du travail augmente légèrement en lien avec l’amélioration du marché du travail. Ainsi, la masse salariale comme le revenu disponible brut des ménages progressent respectivement de 1,3 % et 0,9 %. Cette hausse des revenus conjuguée à la baisse des prix à la consommation profite aux ménages, dont les gains de pouvoir d'achat atteignent 1,3 %. La consommation des ménages progresse de 1 % en volume après 0,3 % en 2014.

Les comptes rapides issus d'une modélisation de l'économie polynésienne.

Le modèle utilisé pour construire les comptes rapides est un modèle macro-économétrique, de type keynésien, modèle dit « quasi-comptable ». Il permet de projeter les comptes économiques d’une année à partir d’hypothèses d’évolutions de l’offre et de la demande de biens et services. En Polynésie française, ce modèle est construit avec 19 branches et 20 produits. Le modèle est basé sur le TES 2011 (Tableau des EntréesSorties) de la Comptabilité Nationale définitive. En effet, ces relations comptables permettent d’assurer la cohérence du modèle en décrivant les équilibres nécessaires entre les ressources et les emplois pour chaque opération.
En conséquence, le modèle reproduit de façon mécanique la structure comptable déterminée par le passé, c'est à dire celle fournie par les comptes économiques définitifs.

Les comptes économiques en 2013

2013 : stabilisation de l'économie polynésienne

En 2013, le rebond de l’investissement privé, couplé à une légère reprise de la consommation marchande des ménages permet d’enrayer le cycle récessif entamé en 2009, malgré une baisse de la demande des administrations publiques qui continue de peser négativement sur l’activité économique. Cette stabilisation demeure néanmoins fragile du fait de la poursuite de la dégradation de l’emploi.

Les grands indicateurs des comptes économiques

Indicateur20102011201220132014 (e)2015 (e)
Produit intérieur brut nominal (en millions de FCP)547 877531 861528 755541 961543 189552 539
Produit intérieur réel (en millions de FCP - Base 2005)524 518508 982504 261506 272510 828516 447
PIB nominal par habitant (en millions de FCP)2,071,991,972,01  
PIB réel par habitant (en millions de FCP - Base 2005)1,981,911,881,88  
Taux de croissance nominale-2,7 %-2,9 %-0,6 %2,5 %1,4 %1,7 %
Taux de croissance réelle-2,5 %-3,0 %-0,9 %0,4 %0,9 %1,1 %

Sources : Comptes économiques - ISPF


e: estimé en comptes rapides

Le  PIB et taux de croissance graphique affichage de série Produit intérieur brut nominal (en millions de FCP), série Produit intérieur réel (en millions de FCP - Base 2005), série Taux de croissance nominale, série Taux de croissance réelle.

La comptabilité nationale

Technique de synthèse statistique, la Comptabilité Nationale (CN) fournit une représentation quantifiée de l’économie dans un cadre comptable. A juste titre, on souligne souvent les avantages dus à la cohérence du cadre comptable et des chiffres présentés ; c’est indubitablement celle-ci qui fait de la CN un outil de tout premier ordre pour l’analyse économique. La nécessité de la cohérence est aussi un moyen d’améliorer les sources statistiques, parce qu’elle en fait apparaître les lacunes et les contradictions.

Outil d’évaluation au service des décideurs, tant politiques qu’économiques, la CN ne sera utile que si elle est documentée et accompagnée méthodologiquement afin d’en expliquer la construction.

Certes, les comptables nationaux se sont efforcés de transcrire avec fidélité une réalité économique éminemment complexe dans un cadre comptable qui constitue la synthèse de grandeurs réelles observées et qui apparaît comme une représentation objective de l’économie.  Mais elle n’est qu’une représentation. Elle est inscrite dans un cadre formel (qui permet la comparabilité) et s’inspire de modèles théoriques. Enfin, il faut garder à l’esprit, que l’économie telle que présentée dans les comptes nationaux n’est pas la réalité mais bien une construction simplifiée permettant d’en rendre compte. Elle ne peut donc être que subjective : c’est une question de perspective.

Mais, que le lecteur se rassure, le système de comptes polynésien rend les comparaisons internationales et historiques possibles car seule la perspective change : l’objet est toujours le même et si, dans un système de compte, il y croissance économique il y a d’autres méthodes qui conduiront à la même conclusion.